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Патрисия Каас с друзьями и командой была замечена в одном из ливанских ресторанов.

16.08.2017 | Oumsiyat Zahle Festival | Захла | Ливан

ElenaPatricia Kaas en concert

Восьмидесятый концерт турне Patricia Kaas, Захла, Ливан, 16.08.2017.

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L’Orient – Le jour | Ливан | 15 августа 2017

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Patricia Kaas : Sans ma voix, j’aurai été… chanteuse

Mademoiselle à la voix haute bien frappée se produit demain soir au festival Oumsiyat Zahlé où elle dévoilera, en plus de ses titres phares, les nouvelles peaux de son dixième album studio.

Au bout du téléphone, pas de doute, c’est bien elle. Elle a beau évoquer son album éponyme pour lequel elle a fait appel à des collaborateurs qu’on n’aurait pas soupçonnés ; raconter sa carapace qui se fendille pour en exhumer une femme nouvelle revenue des torrents d’un burn out ; parler de la scène comme d’un amant qu’il faut séduire les matins sans fard, on ne se focalise que sur une chose : sa voix. Patricia Kaas, 17 millions d’albums au compteur et autant d’êtres humains éparpillés sur cette planète qui la suivent depuis 30 ans, est sans doute la plus célèbre jongleuse d’octaves peroxydée venue de France. Patricia Kaas, ce sont des cordes vocales ravinées, graves et aggravées, à l’ADN inimitable tout en ayant plus d’un tour dans leur sac et qu’elle déploiera demain soir sur la scène de Oumsiyat Zahlé. L’occasion de discuter avec mademoiselle qui chante désormais un blues affermi, affranchi et libéré.

Vous avez démarré votre carrière avec « Mon mec à moi » et sur votre dernier album, vous chantez « Marre de mon amant ». Est-ce une sorte de désillusion ?
Ça faisait un moment que je voulais travailler avec Arno et il m’a offert le texte de cette chanson. Et quel cadeau, en sachant qu’il écrit très peu pour les autres ! Je ne pense pas qu’il soit question de désillusion : j’ai tout simplement acquis, à coups de bobos, plus d’expérience dans la vie. Naturellement, je suis passée d’une chanson d’ado à celle d’une femme qui a vécu des choses.

Alors que la plupart des artistes ont tendance à jeter un voile pudique sur leurs failles, vous avez choisi de parler du burn out que vous avez subi les deux années précédant la sortie de votre disque éponyme. Comment expliquez-vous ce choix audacieux ?
Ce burn out a été déterminant dans ma vie et ma carrière, d’où ma volonté d’en parler. À force de balayer les deuils précoces auxquels j’ai été confrontée, de repousser les difficultés de la vie et de me redresser, toutes ces choses ont fini par me retomber dessus. Après, la presse a évidemment fait gonfler l’affaire, mais je ne regrette pas d’en avoir parlé. En fait, j’en suis ressortie comme une autre personne, une nouvelle femme surtout, chose qui m’a permis de voir le bien dans ce mal. Aujourd’hui, je suis en paix avec moi-même.

C’est au bout du dixième album studio que vous optez pour un titre éponyme. Avez-vous finalement trouvé Patricia Kaas ?
Ce disque marque un nouveau départ, une nouvelle approche musicale, je dirai même une nouvelle vie. Il représente un carrefour entre ce que le public attend de moi et les choses qui me trottent dans les tympans. C’est ainsi que j’ai choisi de m’entourer de gens qui me passionnent musicalement. Entre autres : Arno, le groupe Hyphen Hyphen avec qui j’ai travaillé sur Ne l’oublie pas, ou Aurélie Saada (NDLR : du duo Brigitte) qui a signé Madame Tout-le-monde. J’ai l’impression d’évoluer vers de nouveaux sons, plus éclectiques, qui siéent bien à la femme que je suis aujourd’hui. C’est déroutant et excitant.

Vous êtes très populaire à l’étranger, entre autres en Allemagne, en Russie, et ici même au Liban, où vous vous produisez souvent lors de vos tournées. Que représente ce pan de votre métier ?
C’est parti d’une curiosité, d’une volonté d’aller à la rencontre d’autres publics. La popularité est venue après, j’en suis extrêmement reconnaissante, mais je ne suis pas partie à sa conquête. Surtout qu’au départ, on disait qu’il n’y a pas de place pour le Français à l’étranger. Aujourd’hui, à voir que des gens un peu partout s’approprient mes titres, chacun à sa manière, me rappelle le bonheur d’être chanteuse.

Et la scène, qu’en retenez-vous ?
La scène, c’est comme un amant qu’il faut séduire et charmer, toutefois sans fard, ni tricherie. Ce tête-à-tête avec le public, c’est faire face à une réalité qu’il est impossible de maquiller et c’est surtout la lourde responsabilité de faire vivre les chansons… Et faire survivre et réinventer les plus anciennes d’entre elles. C’est le cas de cette tournée, qui est un pont entre les premiers titres, qui tiennent autant à mon cœur qu’à celui du public, et mes nouvelles couleurs musicales.

Quelle relation entretenez-vous avec votre voix, votre marque de fabrique, le fuel de votre carrière ?
D’un côté, c’est la même nature de relation que celle qu’un sportif possède avec son corps. Il lui arrive d’être en forme ou de vous lâcher. Dans mon cas, ma voix est un muscle qui est plus nourri par ma vie que par l’exercice, d’autant que je ne l’entraîne pratiquement pas. Ma voix, c’est comme un miroir rivé sur moi : je peux l’aimer ou la détester.

Et sans cette voix inimitable, qui et qu’aurait été Patricia Kaas ?
J’aurai été chanteuse, dans ma petite ville sans doute, vu que cela a toujours été mon rêve. Et je n’ai pas un tempérament à abandonner mes ambitions.

Gilles Khoury

Источник:
L’Orient – Le jour